In Memoriam Ebanda Manfred... 6 ans déjà!!!
3 septembre 2003 s’en allait Ebanda Manfred. On se souvient de son duo avec Villa Vienne et de Ami oh, ce titre qui sera repris partout dans le monde voyageant plus que son auteur. Narcisse E. Ebanda, fils du chanteur a accepté d’évoquer ces souvenirs
Comptable à l’OAPI (organisation africaine de la propriété intellectuelle), la musique a toujours été un passe – temps. Sa timidité naturelle ne va certainement pas aider celui qui allait sur scène à reculons. Mais ça suffira pour que le génie soit reconnu et à sa mort en 2003, il avait une dizaine d’albums. Le dernier date de 2002 et verra probablement le jour.
En attendant, il laisse une grande famille dont une progéniture qui s’occupe de rassembler ses œuvres. Narcisse Edimo-Ebanda, son premier fils accepté de parler de son artiste de père.
Cette année, cela fait 6 ans que votre père est décédé. Racontez nous votre journée du 3 septembre 2003
NEE : Cette journée reste très présente et ne peut s’effacer de ma mémoire. En effet, je venais de quitter Papa depuis 24 heures. C’est lui qui m’a accompagné à l’aéroport quand je suis rentré à Paris. Il n’avait pas l’air de souffrir. Et quand la nouvelle m’est parvenue, j’ai d’abord cru à une blague. Mais, très vite, j’ai réalisé que ce n’était pas une plaisanterie devant le flot d’informations qui me parvenaient. Je me suis aussitôt décidé de prendre les choses en main et de rejoindre Douala pour les funérailles.
Il était auteur compositeur et interprète. A cause de sa timidité, il ne s’est jamais totalement investi dans la musique. Parlez nous de lui.
NEE : Vous savez, quand papa a commencé à faire de la musique, il ne pouvait pas en vivre. Heureusement, il travaillait à l’OAPI, un organisme international pour la propriété intellectuelle. Et c’est là qu’il a pris sa retraite. La musique à son époque était perçue comme un métier sans avenir.
On connait Ebanda Manfred, on connait Villa Vienne, sa muse. Mais dans les années 90, ils se séparent. Des souvenirs?
NEE : Oui. En effet, son ex-épouse Villa qui est également ma tante a toujours eu beaucoup d’affection et d’amour pour moi. Je la considérai comme une maman. Mais, vous savez, les problèmes de cœur sont insondables. Ils se sont quittés. Mais j’ai toujours gardé de bons rapports avec Villa.
Qu’en est-il du suivi de ses œuvres?
NEE : Je m’en occupe sans relâche afin de garantir à mes cadets des revenus un jour.
Sam Mbendé, son dernier producteur, détient les bandes du dernier albumstudio de votre père. Seront-elles diffusées à titre posthume ?
NEE : Je dois en discuter avec lui. C’est un homme d’esprit et un ami. Je suis persuadé que nous allons trouver un bon compromis pour toutes ces œuvres. D’autant plus qu’il avait enfin posé sa voix sur un enregistrement récent de son tube AMIE.
African Connection est l’un des grands projets auquel il va participer. Mais le disque sort un an après sa mort… Des regrets ?
NEE : Oui. Oui parce que papa s’est beaucoup investi dans ce projet. Sans son accord, point du projet African Connection que j’ai fait seul avec l’aide d’un ami Charles BA que je n’oublierai JAMAIS. Grâce a lui le single AMI OH a terminé sa vie 5 eme au top 50 Français en 2004.
La chanson AMIE (Ami oh) est de votre père. Mais elle a été reprise en 1985 par Bebey Manga et depuis lors par de très nombreux artistes à travers le monde. Quand vous l’écoutez, qu’est ce que cela vous rappelle ?
NEE : Beaucoup de bon souvenir effectivement, mais dont je ne peux même pas parler ici. Papa a atteint la perfection et la reconnaissance de son talent par ce morceau. Mais, je vous recommande d’écouter d’autres tubes à lui qui sont aussi ensorceleurs. Comme DIPITO ou NATHALIE.
Comment se porte la famille et les fils d’Ebanda Manfred ?
NEE : Nous assurons le quotidien. Ce qui accroit mes responsabilité car dans une famille, il faut pouvoir gérer au quotidien les problèmes. Mais, nous nous en tirons grâce à Dieu.!
Par Ingrid Alice NGOUNOU
Source JDD
vendredi 4 septembre 2009