Pour la Halde, Longuet estime que Boutih ne fait pas assez partie du "corps français traditionnel". Le patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet, récuse la possible nomination du socialiste à la présidence de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde).Gérard Longuet a fondé à l'adolescence deux groupes d'extrême-droite : "Occident" puis le "GUD".
Le PS s'insurge.
Qui pour remplacer Louis Schweitzer à la tête de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (Halde)? Le nom de Malek Boutih, qui circule depuis plusieurs semaines, n'a visiblement pas l'appui du patron des sénateurs UMP, Gérard Longuet.
Alors qu'il était l'invité de "Questions d'Info LCP/France Info/AFP", l'ancien ministre, récemment blanchi dans l'affire du financement de l'ex-Parti républicain a fait une déclaration choc. Expliquant sa réticence à propos d'une possible nomination du secrétaire national socialiste, Gérard Longuet a expliqué: "Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. Si vous voulez, les vieux Bretons et les vieux Lorrains - qui sont d'ailleurs en général Italiens ou Marocains - doivent faire l'effort sur eux-mêmes de s'ouvrir à l'extérieur." "Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération", a-t-il insisté.
Le PS se dit "scandalisé par les déclarations de Gérard Longuet"
Ses déclarations ont naturellement fait bondir le PS. Dans un communiqué de presse, le numéro 2 du parti, Harlem Désir s'est dit "scandalisé". Il demande à l'UMP "de condamner ces propos immédiatement avec la plus grande fermeté et à Monsieur Longuet de présenter des excuses publiques à Malek Boutih."
"Ces propos sont, bien plus qu'un dérapage, une véritable théorie raciale totalement contraire à l'idée de la Nation républicaine", écrit Harlem Désir, ajoutant que "Gérard Longuet tient un discours intolérable, aux relents racistes et qui justifie et légitime les discriminations. Il ne propose rien de moins que d'écarter un citoyen d'une responsabilité publique à raison de son origine."
mercredi 10 mars 2010