L’exercice du pouvoir en Afrique francophone.
Par Michel lobé Etamé

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Je me souviens toujours des recommandations de nos parents la veille de l’entrée à l’internat. Elles étaient d’une rigueur sans équivoque : travail, respect et honnêteté envers nos enseignants et nos collègues. Ma mère complétait ces recommandations par des mots simples qui avaient encore un sens en ces débuts des indépendances : ne pas convoiter ni voler.

Comme ces morales sont lointaines de nos jours où l’exercice favori de nos intellectuels se limite aux vols aggravés, à la corruption, au tribalisme, l’incivilité, aux comportements déviants, à la malhonnêteté répétée et aux pillages systématiques des richesses de l’Etat. Nous avons tous été bercés par ces recommandations. Mais, l’exercice du pouvoir, l’argent facile et l’impunité dont jouissent les fonctionnaires ont conduit l’Afrique francophone à la ruine programmée de leurs pays.

Le pouvoir s’exerce dans la brutalité, l’intimidation, le viol, la sodomisation et l’élimination physique de tous ceux qui n’adhère pas à ce système. Ces méthodes décriées constituent le panache de ces Etats où l’exercice du pouvoir est confisqué par un homme. Le mépris d’une constitution taillée pourtant sur mesure peut se modifier au gré et à l’humeur du tout puissant. L’homme est devenu dieu sur terre et a droit de vie ou de mort sur celui qui ose contester son pouvoir.

La léthargie dans laquelle sont plongées nos Etats est inquiétante. L’alignement des intellectuels ou de ce qu’il en reste à ces dictatures ne laissent aucune part de rêve à la jeunesse impatiente. Impatiente à juste titre quand un pays ne peut offrir à ses enfants des perspectives économiques et sociales. Le doute s’installe. Les corrompus et les corrupteurs s’accaparent de tous les leviers de l’Etat. Le désespoir creuse inexorablement un nid de serpents qui n’a d’autre choix que de sortir de leur trou pour mordre.

Les révolutions naissent de ces frustrations. Elles sont régulièrement matées avec l’aide de l’ancien colon devenu néo-colonisateur. Mais, pour combien de temps ?

La France a tort de conforter les dictateurs en place. Le monde est devenu une scène théâtrale ou chaque citoyen du monde peut jouer ou interpeller un autre. Les nouvelles technologies de l’information permettent aux citoyens du monde de se rapprocher et d’échanger des informations. A ce titre, le citoyen africain est de plus en plus conscient des interférences maladroites de la France dans leur état. Tout citoyen, quelque soit son âge ou son statut social est conscient de la main mise de la France en Afrique francophone. L’ignorance du citoyen français sur les agissements de leurs dirigeants successifs est bien couverte par une presse et une télévision habituées à présenter l’africain comme un mendiant, un assisté ou un fainéant. Un pauvre en somme dans le sens le plus large.

Comme Haïti submergée par des dettes séculaires et taillées sur mesure, l’Afrique francophone est au bord de l’asphyxie. Si la France persiste dans sa politique actuelle basée sur la combine et l’aliénation, elle court le risque de perdre ses derniers bastions dans le sang et la douleur. Elle doit impérativement mettre fin à sa françafrique coûteuse, ruineuse et humiliante.

La libération des prisonniers d’Al Quaïda au Mali en est la parfaite illustration. Le président malien a cédé aux pressions de Nicolas Sarkozy pour des promesses fictives qui lui font perdre toute sa crédibilité. Le Mali ne peut en tirer aucun orgueil. Il s’est décrédibilisé auprès de son opinion publique et de tous ceux qui aspirent à la liberté. Pauvre Amadou Toumani Touré !

lundi 22 mars 2010

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